“A un moment donné de notre existence, nous perdons la maîtrise de notre vie, qui se trouve dès lors gouvernée par le destin. C’est là qu’est la plus grande imposture du monde.”
L’alchimiste, Paul Coelho

berries porridge almond milk

J’ai mis du temps à me demander pourquoi je me demandais pourquoi et si il fallait ou non se demander pourquoi.

Ça a commencé très tôt.

Pourquoi le hollande est orange ? Pourquoi les trajets en voiture donnent envie de vomir ? Pourquoi le sang est rouge ? Et pourquoi on pleure quand on est triste ?

C’était pénible pour mon entourage certes (ça l’est toujours d’ailleurs), mais le plus souvent rationnellement explicable. Et puis ça s’est compliqué. D’autres pourquoi sont apparus. Plus incisifs. Plus délicats.  Moins rationnellement explicables. Pourquoi on meurt, pourquoi on tombe amoureux et puis d’un coup plus du tout, pourquoi on crie sur les gens qu’on aime, pourquoi parfois on est triste sans raison, ou heureux pour les mauvaises raisons. Énoncées à voix hautes, chuchotées, jetées sur le papier, toujours plus de questions. Jamais assez de réponses.

Plus j’ai grandi et plus les questions ont fourmillé. Comme démultipliées par le champ des possibles qui s’agrandit au fur et à mesure qu’on grandit. Elles sont si nombreuses parfois, qu’elles m’étouffent. Alors souvent j’enfile mes baskets et je vais courir. Pas par plaisir. Mais par nécessité. Pour arrêter l’espace d’un instant le flot des « pourquoi ».

Et inévitablement tout reprend de plus bel au 1e arrêt. Jusqu’à la prochaine course.

Se demander pourquoi.

Pourquoi ce besoin irrépressible de se demander pourquoi ? Pourquoi toujours chercher une explication ? Existe-t-il toujours une explication?

Pour les questions d’ordre « pratique » j’ai commencé un petit carnet. Où avant d’emmerder les gens maintenant, je note mes interrogations du jour avant d’aller demander à mon ami G**gle. Et du coup tu seras ravi(e) d’apprendre que le hollande est orange à cause du roucou, un colorant avec lequel il est mélangé ou que vomir en voiture c’est à cause du trouble entre la perception visuelle et le système vestibulaire contenu dans l’oreille interne (true story).

Pour le reste, il m’a fallu encore plus de temps mais j’ai finalement compris. Compris que parfois il n’y a rien à comprendre. Arrêter de chercher à comprendre pourquoi telle parole, pourquoi tel acte, pourquoi tel regard à tel moment. Arrêter de lire entre les lignes. Arrêter de chercher la symbolique de chaque comportement. Accepter que parfois, et même souvent les choses arrivent sans raison particulière. Avec leur propre logique. Accepter avec une résignation mêlée d’impuissance que non, décidément, tout n’est pas explicable. Ça arrive maintenant comme ça aurait pu arriver dans 2 ans. Dans 3 ou dans 10 ans. Non ce n’est pas un « signe ». Parfois non veut dire oui, parfois ça veut dire peut-être mais la plupart du temps non veut dire non.

Les choses arrivent parce qu’elles arrivent. Point. Et reconnaître que non, on ne peut pas calquer sa propre logique ou ses propres sentiments sur ces éléments extérieurs, c’est déjà beaucoup. A la manière de L’alchimiste, de Coelho (très beau livre que je te conseille soit dit en passant), se dire que le sens viendra après. A la fin. A la fin de l’histoire. Parce qu’elle est déjà écrite. Et que pour la comprendre il faut d’abord la vivre. Avec intuition et spontanéité. Avec la certitude si elle est possible, d’être toujours en accord avec soi-même. Et un jour, après des années, dans le rocking chair on se dira « mais c’est donc là qu’elle voulait en venir, la vie ».

En attendant, ne pas lutter. Lâcher prise. Et enfiler ses baskets.

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Après les baskets le matin, c’est le porridge aux fruits rouges. Au lait d’amande et à la noix de coco. Le genre de petit déj qui n’appelle pas de pourquoi. Une évidence.

Ingrédients

400ml de lait d’amande
100g de flocons d’avoine
1 c.c de cannelle
1 c.S de sirop d’agave
2 c.S de noix de coco râpée
3 poignées de fruits rouges congelés (ou pas!)

Préparation: 

  • Dans une casserole porter le lait d’amande à ébullition
  • Ajouter les flocons, baisser le feu et tourner pendant une dizaine de minute
  • Laisser gonfler hors du feu à couvert (ajouter du lait ou un peu d’eau si le porridge devient trop compact)
  • Ajouter ensuite la noix de coco râpée et la cannelle
  • Verser dans un bol, ajouter les fruits (préalablement décongelés si nécessaire) et le sirop d’agave

Note: fais en beaucoup, beaucoup, le dimanche soir, quand tout est gris, ça occupe et ça sent bon. Et en plus toute la semaine tu peux rajouter des fruits, des noix, de la confiture de lait, que sais-je encore, et c’est tout de suite plus chouette d’ouvrir les volets 🙂

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6 Commentaires

  1. Contes et Délices 17 novembre 2016 à 21 h 03 min

    Je te comprends totalement, ces questionnements incessants, c’est presque inévitable mais il faut passer outre et vivre sa vie même si les questionnements reviennent toujours un peu. Ton article est très beau 🙂 Tout comme ton porridge 🙂

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    1. sarahmenesafraise - Site Author 27 novembre 2016 à 22 h 01 min

      Merci pour ton passage ma belle! ça fait toujours chaud au coeur de voir qu’on est plusieurs dans la même galère^^
      je pense qu’il faut juste se concentrer sur ce qui nous rends le plus heureux/ou le moins malheureux, question de point de vue, et les questionnements sont pas forcément source de bonheur pour ma part alors j’essaie de les limiter!
      A très bientôt:)

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  2. Royal Chill 18 novembre 2016 à 9 h 56 min

    Joli article ! J’ai moi aussi souffert du même mal pendant longtemps et un jour j’ai juste arrêté de chercher à comprendre.
    Un bon porridge comme le tien peut d’ailleurs tout à fait arrêter notre cerveau pendant quelques minutes 😉

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    1. sarahmenesafraise - Site Author 27 novembre 2016 à 22 h 00 min

      C’est évident que c’est plus facile à dire qu’à faire, mais quand on en a conscience on peut déjà y travailler, et essayer de trouver des alternatives pour moins réfléchir 🙂 (très bizarre à dire mais on s’est comprises je crois!)
      Merci pour ton petit commentaire en tout cas ça me fait plaisir 😉
      A bientôt!

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  3. Laurelas 21 novembre 2016 à 21 h 23 min

    Nam, nam, ça donne faim (alors que je viens de manger du garlic bread – pas bon du tout pour mes bourrelets ça!)
    Et je ne sais pas pourquoi (!) mais je n’en suis pas encore au stade du lâcher prise systématique. Je me pose moi aussi beaucoup trop de questions, de « pourquoi pas (moi)? » et autres choses qui me font des noeuds au cerveau. (Mais ça viendra..)
    xo

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    1. sarahmenesafraise - Site Author 27 novembre 2016 à 21 h 58 min

      oh le garlic bread, c’est si bon 🙂 avec du poulet au lait de coco ça passe très bien! Ahah oui les noeuds au cerveau je connais bien, très bien même, pas toujours évident de se discipliner mais j’y travaille, histoire d’être un peu plus zen et moins torturée:)
      Merci pour ton passage ma belle!

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